À propos

Arnaud Barbet

Des Alpes françaises aux Rocheuses canadiennes, il n'y a qu'un pas. Voilà 9 ans maintenant que je sillonne cette nature fabuleuse avec toujours ce même sentiment de plénitude. J'aime me poser à Calgary et profiter de cette douceur de vivre. À vélo 365 jours par an, il m'arrive, lorsque la ville s'éveille, de rencontrer sur ma route des coyotes, des chevreuils, et bien sûr, mon ami le lièvre, alors je leur conte une histoire.

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Sur la route des trésors gustatifs 

Tourisme Alberta m’a approché pour faire l’expérience de l’une des nouvelles routes bilingues développées aux quatre coins de la province. C’est sur la route Balade des cinq sens au creux d’une vallée que je me suis plu à découvrir des arrêts gourmands!

De Calgary, il est agréable de rejoindre Cochrane par la « petite route ». Celle qui passe au nord de la Bow, qui grimpe sur les flancs de collines et offre une vue ahurissante sur les montagnes au loin et sur cette bourgade devenue ville, au bord de la rivière. Au centre-ville, le restaurant de Fence & Post vous attend. 


Le Fence & Post vous accueille tout l’été sur sa terrasse à l’«européenne». Photo : Arnaud Barbet

C’est l’été, sa terrasse « à l’européenne » vous accueille, à moins que vous ne préfériez être au frais à l’intérieur. Pour le lunch, le dîner ou le brunch, les mets sont confectionnés avec des ingrédients frais, locaux et, bien sûr, de qualité. 

Il est midi, j’ouvre la porte vitrée et découvre la salle à manger à la fois épurée et décorée d’objets d’un autre temps, la cuisine ouverte où l’on s’active sous vos yeux et le bar imposant. Je m’y installe et parcours le menu. 

Il n’y a pas de doute, le chef et propriétaire Chris Hartman trouve son inspiration localement, mais aussi là où il a pu perfectionner son art culinaire. De la France à l’Australie, en passant par la Nouvelle-Zélande, sa carte vous invite au plaisir des sens. Alors si les yeux s’émerveillent par l’élégance des plats proposés, les papilles ne sont pas en reste, loin de là.


Le chef Chris Hartman dans son restaurant – Photo : Courtoisie

Je craque pour le Garlic Ballon, une boule de mozzarella garnie d’une crème d’ail à l’huile de basilic sur un lit de tomates marinées, le tout accompagné d’un pain croustillant. À partager sans modération! Gourmand et curieux, je poursuis avec un Roman Flatbread. Une tartine garnie de ricotta au citron, de saumon fumé maison, d’épinards frais, arrosée d’un pistou à la menthe. Un voyage de la côte ouest-canadienne à la Provence, où le basilic a laissé sa place à la menthe. Fraîches, légères, les saveurs s’équilibrent dans le palais avec subtilité. Finalement, pour le dessert, mon bec sucré en redemande…  


Le Garlic Ballon, une boule de mozzarella garnie d’une crème d’ail à l’huile de basilic sur un lit de tomates marinées. Photo : Arnaud Barbet

Pour la petite histoire, Chris Hartman fait son pain et ses savoureuses pâtisseries chaque jour. Un atout dans une région où cet art reste encore discret. Il est aussi capable d’adapter la plupart de ses plats aux exigences de sa clientèle. Vous y trouverez donc des variantes véganes, sans gluten et sans allergènes.

Une virée relevée sur les contreforts des Rocheuses

Après une telle dégustation, il me semblait pertinent d’aller à la rencontre du terroir albertain. Direction le sud par la 22, puis la 762. Quelques kilomètres de plus, et au détour du township road 212, l’établissement Forge and Farm de Cheryl et James Greisinger vous salue du haut de la colline.

Encore quelques mètres et vous voilà au paradis sur Terre. Tout au moins pour celles et ceux qui dégustent l’ail sans modération. Face à nous des milliers de plantes fraîchement naissantes, entretenues et chéries à la main par Cheryl. En toile de fond, la cime des montagnes.

 

De l’ail à perte de vue côtoie les contreforts des Rocheuses. Photo : Arnaud Barbet

C’est en 2010 que Cheryl décide de quitter la ville avec son mari pour s’installer dans ce petit coin de nature. Fini l’industrie, c’est la mise au vert. Depuis, ils ont créé une famille et la jeune maman passe près de six mois dans son champ à prendre soin de ces bulbes aux multiples variétés. De l’ail rose de Yougoslavie à l’ail noir qu’elle élabore avec tout le mystère qu’il procure au palais, elle vous exprimera sa passion sans modération.

Elle se défend d’être une cheffe, mais vous propose quelques produits de sa production. Son beurre d’ail aux saveurs légères, un autre d’ail noir plus crémeux au goût légèrement sucré, son pesto et bien d’autres produits saisonniers. À la récolte, fin août, vous pourrez aussi commander une tresse de six à huit têtes d’ail pour cuisiner tout l’hiver. Et si c’est la saison, demandez-lui une tige d’ail fraîche à croquer! 


Cheryl Greisinger est très fière de ce prix qu’elle a reçu pour son ail noir. Photo : Arnaud Barbet

Même si vous n’êtes pas un habitué de l’ail noir, n’hésitez pas, le sien a reçu un prix Made in Alberta, une belle reconnaissance!

Plus au sud, sur la route des cowboys, le saloon

Le soleil se dirige tranquillement vers l’Ouest lorsque je rejoins la 22. Direction sud et Turner Valley. On y découvre un passé lié à l’extraction du pétrole dont l’opacité a fait oublier que son histoire était aussi liée à la prohibition américaine. L’eau de roche a finalement laissé place à la clarté des spiritueux. Bienvenue à la distillerie Eau Claire! 

Une institution qui a pris place dans l’ancien théâtre de la ville pour finalement étendre son bâti et ses services. Pour un mariage, une conférence, une dégustation entre amis ou une soirée sur la thématique de la « prohibition », le lieu est idéal et l’accueil, chaleureux.

 
La distillerie offre une salle de conférence très cosy décorée d’artefacts anciens avec vue sur les alambics. Photo : Arnaud Barbet

La salle de dégustation, comme tous les autres bâtiments, est décorée avec goût, un bar en bois massif en impose, les murs sont habillés d’œuvres d’art, d’objets anciens rappelant le passé tumultueux de l’époque. Au sol, un damier sur lequel est déposé du mobilier en fer forgé et bois massif.

Pendant leur élaboration, les gins, whiskies et vodkas sont distillés avec des produits locaux issus des fermes voisines. Quant à l’eau, elle vient sans détour des Rocheuses, toutes proches. 

Les alambics sont les pièces maîtresses de la distillation. Photo : Arnaud Barbet

C’est le moment de vérité. Votre odorat et votre goût seront mis à l’épreuve. Boisé, sucré, amer, suave, doux, onctueux, sirupeux, rond, frais, boisé aux notes de romarin, de sapin ou de griotte, aucun des alcools proposés ne vous laissera indifférent. Alors avant de reprendre la route, n’hésitez pas à goûter leur sandwich au poulet frit et à faire une micro sieste au soleil couchant.

 Gin, vodka ou whisky, la dégustation prend tout son sens. Photo : Arnaud Barbet