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Par Sandrine

Via Ferrata : La grimpe à son meilleur

02 octobre 2018 .Sandrine Croteau

À propos

Sandrine Croteau

(Pro)active, curieuse, épicurienne. Je vis pour les beaux endroits et les bons moments.

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Avez-vous déjà entendu parler de la Via Ferrata, ce parcours de grimpe assistée impliquant escalade sur paroi rocheuse, échelles et ponts suspendus? L’activité a la côte dans les Rocheuses auprès des visiteurs internationaux et avec sa base située en plein coeur de Banff, au mont Norquay, il y a de quoi vivre une expérience surréelle.

Je rêvais d’essayer la Via Ferrata depuis mon premier été ici, mais j’admets que le coût qui y est associé (entre 150$ et 300$ par personne selon le parcours choisi) avait suffi à calmer ma hâte. Pourtant, les aventures forgent le vécu et le vécu fait de nous des êtres plus intéressants et dynamiques…

C’est ainsi que je me suis retrouvée à enfiler mon harnais et ajuster mon casque par un samedi matin plutôt gris. L’idée derrière la Via Ferrata semble toute simple : pourquoi se contenter du chemin le plus simple, lorsque l’on peut s’amuser pendant des heures en montagne? Le concept consiste également à permettre au commun des mortels d’explorer les Rocheuses sous un angle totalement exclusif, sans nécessairement devoir posséder les qualifications d’un expert.

Notre petit groupe formé d’une dizaine de participants – américains, allemands, britanniques et canadiens – se dirige vers le remonte-pente nous amenant au point de départ. Mon amie Olga m’accompagne et nous reconnaissons justement à quel point nous sommes emballées à l’idée d’expérimenter la Via Ferrata.

Quelques instructions et conseils de sécurité plus tard, nous commençons notre ascension en socialisant tranquillement avec les autres. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour réaliser que Katsu est un guide d’exception, véritable passionné avec une approche des plus humaines. À l’ère des médias sociaux, Katsu nous dit la chose la plus rassurante qui soit : de ne pas s’inquiéter des photos en cours de route, nous promettant de veiller lui-même à capter les meilleurs moments de l’aventure au moyen de son téléphone intelligent. Soulagement. Olga et moi pouvons vraiment nous concentrer sur l’expérience, tout en étant assurées d’avoir de beaux clichés à partager par la suite.

Alors, on grimpe. Le premier défi sur notre chemin est celui du pont suspendu. Bien plus amusant que terrifiant, nous avançons tous avec confiance. Puis, vient la première paroi escarpée. Notre rythme est relativement lent. Notre vaillant guide veut surtout que chacun s’adapte et pratique sa technique de mousquetons (ne jamais défaire les deux en même temps!). Les deux premières heures passent vite, forcément un indice que nous passons un bon moment. Les heures suivantes deviennent, de mon point de vue, plus déterminantes. Non seulement nous gagnons en altitude, mais je commence vraiment à prendre goût à la grimpe en soi. La façon dont il faut placer ses pieds et mains, les efforts déployés pour amener son corps toujours un peu plus haut, les parois qui deviennent plus complexes et qui demandent vraiment qu’on s’y arrête pour réfléchir.

Je mentirais si je disais que la Via Ferrata est un jeu d’enfant. En fait, c’est plutôt le genre d’activité que l’on apprécie si on est du type à ne pas avoir peur du vide. Qu’on se comprenne : l’expérience a été bien pensée, conçue et est sécuritaire, mais il faut aimer se surpasser, car une fois l’aventure commencée, il n’est pas possible de rebrousser chemin.

Pour ma part, j’étais bien satisfaite d’avoir choisi le parcours de quatre heures, considérant qu’il s’agissait d’une bonne initiation. Je me suis promis d’essayer un jour celui de cinq et pourquoi pas, de six heures, puisque je saurai alors à quoi m’en tenir.

À noter qu’un lunch complet est nécessaire lorsqu’on part en Via Ferrata ou minimalement, plusieurs collations nutritives. Pensez aussi à amener de l’eau, de la crème solaire par temps ensoleillé et/ou un manteau qui coupe le vent par temps frais. Après tout, l’expérience se vit en pleine nature et en hauteur. Il faut aussi obligatoirement des souliers/bottes de randonnée avec un certain niveau d’adhérence. Si vous n’en avez pas, pas de soucis : il est possible d’en louer sur place. Référez-vous au site Web officiel pour les détails.

Mon coup de coeur de la journée est forcément lorsque nous nous sommes arrêtés au sommet pour prendre des photos panoramiques et admirer l’immensité des Rocheuses. Le vent soufflait sur nos visages et le silence qui régnait me faisait sentir incroyablement sereine. Un moment parfait pour prendre un bon bol d’air frais et méditer quelques instants sur toute cette beauté.

Nous avons tranquillement repris le chemin de la base, mais cette fois-ci par un sentier beaucoup moins abrupt qui s’apparente à une randonnée tout ce qu’il y a de plus classique. C’est pendant la descente qu’Olga et moi avons pu faire plus ample connaissance avec les visiteurs américains qui nous ont assurées que nous étions choyées d’habiter si près de ce grandiose terrain de jeu. Nous avons souri, conscientes de ce privilège depuis le premier jour où nous avons mis les pieds ici…

De retour à la base, c’est précisément à cet endroit que se situe le Cliffhouse Bistro, où l’on peut se régaler d’une bouchée chaude et réconfortante quand on a eu notre dose de plein air.

Si j’avais su l’enivrant plaisir que j’allais éprouver en grimpant, je peux affirmer hors de tout doute que je n’aurais pas hésité une seconde à débourser la somme. Pour moi, tout comme pour Olga, l’expérience s’est résumée à quatre heures de pure joie, d’adrénaline, de rencontres marquantes et de vues hallucinantes au coeur de notre parc national bien aimé.

À la prochaine!

Nous tenons à remercier chaleureusement Simon Moffatt de Banff Norquay qui a rendu possible cette expérience.