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Par Arnaud

« Dior, J’adore »

08 mars 2019 .Arnaud Barbet

©Crédit: ©Arnaud Barbet

À propos

Arnaud Barbet

Des Alpes françaises aux Rocheuses canadiennes, il n'y a qu'un pas. Voilà 4 ans maintenant que je sillonne cette nature fabuleuse avec toujours ce même sentiment de plénitude. J'aime me poser à Calgary et profiter de cette douceur de vivre. À vélo 365 jours par an, il m'arrive, lorsque la ville s'éveille, de rencontrer sur ma route des coyotes, des chevreuils, et bien sûr, mon ami le lièvre, alors je leur conte une histoire.

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Et l’hiver aussi… Alors, quoi de plus logique que de me promener emmitouflé jusqu’au musée Glenbow pour l’exposition qui lui est consacrée? La nuit est tombée, lorsque je m’engouffre dans le hall du musée. Il semblerait que je ne sois pas le seul qui aie eu cette belle idée d’admirer ses créations, et d’en comprendre les coulisses de leur fabrication.

À la montée des marches, une brise de folie douce m’envahit. Celle de l’après-guerre, du baby boom, d’une autre vision de la femme, loin de celle qui, pendant de très longues années a sacrifié sa santé sur les chaines de montage des usines d’armement.

Dès le 12 février 1947, la femme retrouve ses lettres d’élégance, sa beauté, son envie de plaire, de susciter le désir. Elle resplendit, elle est habillée par Dior. Sa première collection fût un succès retentissant, le new look. Elle convint l’hexagone et rejoint l’Amérique.

Courtoisie musée Glenbow : ©Laziz Hamini; Détail broderies et perles sur fil d’argent 

Alors, je l’avoue, quel plaisir de flâner dans cet univers, d’admirer certaines de ses plus belles créations, avec ce désir impossible d’effleurer chaque étoffe pour mieux l’apprivoiser. Quel honneur de parcourir les deux salles qui lui sont dédiées et de suivre ce visionnaire qui, en quelques années et 22 collections, à redonner sa part de rêve à la couture et relancer l’industrie du textile français.

Un hommage à la femme

Les pièces présentées proviennent pour la plupart de l’immense collection de vêtements du Musée royal de l’Ontario. Elles sont sans aucun doute une ode à la beauté, à l’élégance féminine et à la vie.

«
La haute couture ne doit pas oublier de rester constamment vivante, adaptée aux besoins de la vie de chaque femme moderne.
»

Christian Dior, petit dictionnaire de la mode, en 1953.

Très vite, je m’égare dans un rêve éveillé, où chaque toilette est une œuvre d’art. J’admire la robe Palmyre et sa myriade de perles et de paillettes, la Rose France et son corset envoûtant, l’Isabelle et sa large ceinture de soie. Sont-elles toutes aussi glamour que la Vierge folle et ce subtil clin d’œil à Arthur Rimbaud? 

Courtoisie musée Glenbow : ©Laziz Hamini; Détail de la robe Rose France

Des tissus nobles, des pierres, un travail d’orfèvre

Soie, velours, satin, organdi, dentelle de Valencienne, tulle de coton, crinoline de tulle, crêpe de laine, lainage velouté, perles irisées, perle en verre taillé, perle de cristal, paillettes et fils d’argent, taffetas, rien n’est trop beau pour la femme qui s’éveille. Bien sûr, il avait, semble-t-il, ses préférences.

«
Velours. Aucune étoffe n'est plus flatteuse que le velours. Elle met le teint particulièrement en valeur… Le velours près de la peau, c'est un atout.
»

Christian Dior, petit dictionnaire de la mode, en 1954.

On réalise à petit pas, le génie de l’homme, sa passion et son dévouement pour ces métiers d’arts en voie de disparition. Christian Dior embrasse le succès et la modernité, mais pérennise aussi un savoir-faire français inégalable.

C’est avec curiosité que je retrouve le nom de certaines grandes maisons, souvent cités par ma grand-mère couturière. La maison Staron et ses rubans et tissus au mille couleurs; l’atelier Vermont et ses broderies inoubliables; sans oublier, bien sûr, les ateliers Baccarats.

©Arnaud Barbet; Un écrin de luxe signé Baccarats pour des parfums d’exception

N’hésitez pas à prêter l’œil attentif et vous découvrirez bien d’autres ateliers de renom qui travaillent, encore aujourd’hui, avec la maison Dior.

Christian Dior, le visionnaire

Comme moi, vous pourriez vous prélasser, d’un air amusé, devant ce petit film en noir et blanc qui nous éclaire sur sa vision, son talent, mais aussi la grande patience de ses mannequins, toujours disponibles et souvent aimablement chahutés.

Déjà, il fait la couverture du Times, de Match, et bien d’autres… Sa vision contemporaine offre à la femme une toilette complète, de la robe aux escarpins, sans oublier de sublimes parures. En quelques années, il habille les femmes de ce monde, de Paris à Montréal, en passant par New York et bien d’autres capitales.

Courtoisie musée Glenbow : ©Laziz Hamini; La robe Palmyre

Au Canada, c’est Holt Renfrew qui s’empare de l’exclusivité de la distribution de ses produits dès 1951 pour de nombreuses années. À New-York, sa première collection est confectionnée dans des ateliers américains afin d’éviter des droits de douanes exorbitants. Christian Dior, en avance sur son temps, certainement!

Le musée Glenbow offre de petites pépites de bonheur. N’hésitez pas à décrypter le livre de fabrication automne-hiver 1947-48, à admirer les nombreux croquis de presse ou imaginer ses mannequins immobiles prendre vie à vos côtés. Il  vous permet de visiter les coulisses de la confection, le tapis rouge de l’excellence, pour finalement vous enivrer dans le luxe et le glamour d’une des plus belles maisons de haute couture parisienne.

«
Les robes de cocktail sont des robes habillées particulièrement sophistiquées. Mais ne faites pas l'erreur de porter une tenue de soirée à un cocktail. C'est une faute de goût.
»

Christian Dior, petit dictionnaire de la mode, en 1954.

Nous n’oublierons jamais qu’au 30 de l’avenue Montaigne, à Paris, les petites mains guidées par la première d’atelier font perdurer un savoir-faire ancestral imaginé par le grand couturier. Alors si le cœur vous en dit, et si la beauté est pour vous un art de vivre, venez rencontrer Christian Dior, l’exposition prendra fin le 2 juin 2019.

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